Covid-19 : on vous explique le rétrotracing (ou traçage à la japonaise) qui sera généralisé le 1er juillet

On commence à connaître la chanson : lorsqu’on est diagnostiqué “positif” au Covid-19 (après un test PCR, par exemple), l’Assurance Maladie identifie nos “cas-contact” afin que ceux-ci soient isolés puis testés à leur tour. Une recherche facilitée par le téléchargement de l’application Tous AntiCovid. L’objectif de cette méthode : limiter la transmission du virus en isolant le plus précocement possible les personnes potentiellement contaminées par le coronavirus Sars-Cov-2.

Il s’agit donc d’identifier les cas contacts en aval de la contamination.

Adoptée par la France mais aussi par d’autres pays européens (comme l’Allemagne, l’Irlande ou encore le Royaume-Uni), cette stratégie n’est toutefois par la seule : ainsi, de nombreux pays asiatiques (comme le Japon ou en Corée du Sud) ont misé sur le “traçage rétrospectif”. Et la France y vient (finalement) aussi !

Traçage rétrospectif : c’est quoi exactement ?

L’objectif du traçage rétrospectif n’est pas (seulement) d’identifier les “cas-contact” du patient contaminé : cette stratégie consiste plutôt à identifier les cas contacts en amont de la contamination, voire aux origines de la contamination jusqu’au “patient zéro”, celui qui est responsable de la contamination de la personne concernée.

“C’est un peu comme chercher les ascendants au lieu de rechercher les descendants, avait expliqué l’épidémiologiste Catherine Hill à nos confrères d’Europe 1. C’est remarquablement fait en Corée du Sud, mais ils s’y sont pris correctement et ils ont énormément testé.”

La méthode du traçage inversé avait été employée en France au mois de février 2020, lorsque 12 cas de Covid-19 avaient été enregistrés dans le département de l’Oise. Le “patient zéro” n’avait toutefois pas été identifié de façon certaine.

Généralisation du rétrotracing dans toute la France d’ici début juillet

Expérimenté en France dans deux départements (Côte-d’Or et Loire-Atlantique) depuis le 25 mars, le rétrotracing s’étend progressivement à l’ensemble du territoire français, indique l’Assurance maladie ce 17 juin. Dans le détail, “60 départements et 12 ARS le déploient à compter de mi-juin, et il sera généralisé dans toute la France à compter du 1er juillet”, précise le communiqué de presse.

L’idée n’est pas d’abandonner le tracing “classique”, mais d’apporter un outil complémentaire pour identifier les cas contacts aux origines de la contamination. Par extension, le traçage rétrospectif permet de repérer les lieux importants de la contamination – école, bureau… ou des situations ponctuelles ou inhabituelles, au cours desquelles une personne, devenue par la suite positive, aurait pu contaminer d’autres personnes. Le rétrotracing permet notamment de mieux documenter les situations à risque de ‘super-contamination’ en identifiant des événements ou des rassemblements au cours desquels plusieurs personnes ont été contaminées.

Le rétrotracing, mode d’emploi

Concrètement, après avoir listé les cas contacts du patient (par exemple, les personnes avec qui il vit au quotidien ou ses collègues de bureau fréquentés sur site), l’enquêteur de l’Assurance Maladie l’interroge pour savoir s’il a des informations sur le lieu ou l’événement (avec au moins 10 personnes présentes, sans respect des gestes barrières) où il aurait pu contracter la Covid-19 et les personnes qui auraient également été exposées au risque de contamination.

Le cas échéant, l’enquêteur procède alors à un entretien spécifiquement dédié au rétrotracing. Les personnes ayant partagé le même évènement ou le même lieu de contamination simultanément sont alors définies comme des co-exposées et sont tracées, testées et isolées à leur tour.

Comme c’est déjà le cas dans le cadre du contact tracing actuellement pratiqué, l’Assurance Maladie est amenée à se coordonner avec l’Agence Régionale de Santé du territoire concerné afin que celle-ci prenne le relai des investigations lorsqu’il s’agit de situations complexes ou de contaminations d’ampleur. C’est par exemple le cas si une personne tierce détenant la liste des participants à l’évènement n’est pas identifiable/joignable, ou encore si le patient zéro a fréquenté une collectivité dite “sensible” comme un Ehpad, un établissement de santé ou médico-social, un établissement pénitentiaire…

Quelle efficacité ?

Les premiers résultats issus de l’étude pilote menée en Côte-d’Or et Loire-Atlantique sont positifs : ils montrent que près de 10 % des patients zéro contactés par l’Assurance Maladie ont été capables d’identifier un événement jugé comme étant à l’origine de leur contamination (réunion de famille, fête entre amis, sortie pédagogique, événement sportif…), donnant lieu à l’identification de personnes co-exposées (hors contamination au sein du foyer). Dans les jours qui ont suivi leur isolement, près de 10 % de ces personnes co-exposées sont, elles-aussi, devenues positives, souligne l’Assurance maladie.

Avec une couverture vaccinale qui ne cesse de progresser (25,4 % de la population française a terminé son cycle vaccinal au 16 juin) et une circulation du virus moins élevée, les conditions sont réunies pour étendre la pratique du rétrotracing sur tout le territoire, estiment les autorités sanitaires. Et pour cause, selon les épidémiologistes, pour que ce type d’enquête soit efficace, le niveau de circulation du virus doit être faible ou modéré (inférieur à 5 000 nouveaux cas par jour), car les durées d’entretiens sont plus longues (40 minutes en moyenne pour l’appel au patient zéro). Et pour que les traceurs de l’Assurance maladie et des ARS soient réactifs (donc que les mesures d’isolement soient rapidement décidées), il faut que les délais pour obtenir les résultats des tests soient aussi très rapides.

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