Le dioxyde de titane bientôt interdit dans les aliments en Europe

Dioxyde de titane : derrière ce nom se cache un colorant, le E171, très utilisé dans l’industrie agro-alimentaire – notamment dans les bonbons, certains plats industriels, mais aussi des médicaments (Doliprane, Advil, Spasfon) pour leur donner une belle couleur ou intensifier leur brillance. Sous forme de nanoparticules (inférieure à 100 nanomètres, ce qui facilite leur pénétration dans l’organisme), l’E171 est soupçonné d’être cancérogène et dangereux pour le système immunitaire. Il est pourtant autorisé sans dose limite “dans pas moins de 51 familles de produits alimentaires”, note l’association de consommateurs UFC-Que Choisir.

Mardi 18 mai, la Commission européenne a proposé aux Etats membres l’interdiction de cet additif controversé dans les préparations alimentaires. Pour l’instant, les cosmétiques et les médicaments ne semblent pas entrer dans le cadre de cette interdiction. Cette proposition n’a rencontré aucun refus, même si aucun calendrier n’a, pour l’instant, été proposé.

Un additif déjà interdit en France

En avril 2019, l’Agence nationale de sécurité de l’alimentation (Anses) avait publié les résultats de son expertise sur la toxicologie de l’E171, après avoir été saisie en février. Après l’analyse de 25 nouvelles études, elle conclut finalement qu’elle ne dispose pas d’éléments nouveaux permettant de lever les incertitudes sur ses effets néfastes. En 2017, elle avait déjà publié une étude mettant en évidence son risque cancérogène chez le rat. Elle demandait à l’époque à ce que de plus amples recherches soient menées pour confirmer ou non ce danger.

Elle réitèrait ainsi ses recommandations, en appelant à l’application du principe de précaution et donc à une limitation “de l’exposition des travailleurs, des consommateurs et de l’environnement, en favorisant des alternatives sûres et équivalentes en termes d’efficacité ». Ce nouveau rapport ne contredisant pas les dernières études faites sur ce colorant et face à une levée de boucliers des ONG, le ministre Bruno Le Maire avait annoncé sa volonté d’interdire l’E171 à compter du 1er janvier 2020, “conformément à la position du gouvernement et aux dispositions votées par le Parlement dans l’article 53 de la loi Egalim sur l’alimentation”.

Médicaments et cosmétiques

Mais la lutte des associations contre cet additif ne s’arrête pas là. S’il est très utilisé dans l’alimentation, il est tout autant dans les médicaments et les cosmétiques. « Le dioxyde de titane [est] présent dans 4 000 médicaments et 7 000 produits cosmétiques à risque », précise l’UFC-Que Choisir. Il sert notamment à l’enrobage des pilules (Doliprane en gélule, Spasfon rose) ou dans les dentifrices, les baumes à lèvres et bains de bouche.

L’association de consommateurs demande ainsi « une mise en œuvre immédiate de l’interdiction du E171 dans les produits alimentaires » et « une extension de cette interdiction aux nombreux médicaments et produits cosmétiques susceptibles d’être ingérés ».

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